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La peinture est sans cesse réinventée et semble en évolution constante. Aujourd'hui elle se redéfinit comme langage imaginaire face aux questions que soulève le virtuel. Dans un monde où le réel devient de plus en plus abstrait, la matière suggère quelque chose qui nous est commun à tous.
Les moyens actuels de reproductibilité de l'image posent la question de la banalisation de l'œuvre visuelle. Qu'en est-il de sa valeur ? De sa durée ? Quelle trace laisse-t-elle ? Comment communique-t-elle ? Ces questions ont amené la peinture à s'ouvrir et à se repositionner encore davantage.
Apparaît une génération de peintres, acteurs du sens, qui reviennent à une forme d'art plus poétique et instinctive.
Ma démarche s'inscrit dans cette continuité.
J'ai travaillé à partir de cartes postales, explorant leur valeur symbolique, plastique et emblématique. M'interrogeant sur le sens de la mobilité, de l'identité d'un lieu. Puis j'ai réalisé une série de grands formats sur le thème du couple, à partir de couples célèbres de l'histoire de la peinture. Au-delà d'une réflexion sur la peinture et son rôle aujourd'hui, ce travail abordait les thèmes de l'intimité et de l'isolement au sein du couple.
Je travaille actuellement sur une nouvelle série de petits formats qui abordent la thématique du silence.
La peinture se nourrit du patrimoine visuel qui l'entoure mais ne se calque pas sur lui. La feuille blanche comme le silence implique le risque de se retrouver face à nous-même, l'infinité de possibilités qu'elle offre rend plus palpable le présent. Le monde occidental est saturé d'images et de bruit ; le silence nous renvoie à toute son absurdité. Il évoque la contemplation, l'incommunicabilité, le temps. Il incarne la pensée, le repos. Souvent, le silence est une prise de conscience de l'état des choses. Il représente l'inconscient et le monde des rêves, ce qui dort derrière les apparences.
La photographie est une étape importante de mon travail. Par elle, je capture les moments silencieux qui peuplent le quotidien. Lieux vides, personnages figés, photographiés à leur insu. S'en dégage un sentiment d'abandon, d'attente, de relâchement.
La photographie enregistre, documente. Les sujets sont ensuite modifiés, lorsque la peinture progressivement se les approprie. La transformation s'opère dans le travail par couches, répétitif et incertain. Dès lors, la forme et le fond existent sans leur modèle. La thématique, elle, reste intacte.
J'utilise l'acrylique sur papier, que je maroufle ensuite sur toile pour des raisons de présentation et de conservation. Le papier est plus sensible que la toile, il permet davantage les interventions du hasard.
Le petit format crée un contact rapproché et évite le côté spectaculaire, séduisant de la peinture ; instaure un rapport privilégié, intime avec le public.
Painting is forever being reinvented and seems to be in a constant state of flux. Today, it redefines itself as an imaginary language in opposition to issues raised by virtual reality. In a world where reality becomes steadily more abstract, concrete matter invokes something in us that we all have in common.
The current means of reproducibility of the image raise the question of the trivialisation of visual creation. What is its value? How durable is it? What is its legacy? How does it communicate? These issues have led painting to open up and reposition itself even more.
A generation of painters, sense-based actors appeared, coming back to a more poetic and instinctive art form.
My approach falls within this continuum.
I have done work based on post cards, exploring their symbolic, plastic and emblematic value. I reflected upon the meaning of the mobility and the identity of a place. After that, I began a series of large paintings on the theme of the couple, based on famous couples in the history of painting. Beyond a reflection on painting and its contemporary role, this approach also broached on the themes of intimacy and isolation within a couple.
Currently, I am working on a new series of small paintings on the theme of silence.
While painting feeds upon its surrounding visual heritage, it does more than simply copy it. A blank page, just like silence, implies the risk of us being confronted with our selves; the infinity of possibilities it offers renders the present moment more tangible.
The western world is saturated with sights and sounds; silence reminds us of the absurdity of this world. It evokes contemplation, incommunicability, time. It incarnates thought, rest. It represents the unconscious and the world of dreams, that which sleeps behind appearances.
Photography is an important aspect of my work. Through it, I harness the silent moments that populate our daily life. Empty places, static people, photographed unbeknownst to them. A feeling of abandonment, expectancy, relaxation arises.
Photography records, documents. As Its subject matter changes, it progressively appropriates it. This transformation happens in a layered, repetitive and uncertain way. As a result, the form and the background exist without their model. The theme, on the other hand, remains unchanged.
I use acrylic on paper which I apply by marouflage onto the canvas, for the sake of presentation and conservation. Paper is more sensitive than canvas, allowing for more random occurrences. [Vérifier le sens de la traduction ici: J’utilise l’acrylique sur papier, que je maroufle ensuite sur toile pour des raisons de présentation et de conservation. Le papier est plus sensible que la toile, il permet davantage les interventions du hasard.]
The smaller format leads to closer contact, thereby preventing the spectacular, seductive side of painting from taking over. It leads to a more privileged, intimate relationship with the audience.
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